Coefficient de convertion : les effets préjudiciables d’une énième diminution pour la transition écologique et le pouvoir d’achat des Français
Energies & Avenir, qui représente la filière française du chauffage à eau chaude depuis plus de 30 ans, alerte sur les conséquences dommageables d’un abaissement du coefficient de conversion sur la trajectoire de rénovation des logements et l’atteinte des objectifs français de réduction des consommations d’énergie donc de décarbonation, sans détermination réelle par analyse du cycle de vie ni justification technique.
Le coefficient de conversion traduit une réalité physique : l’électricité doit être produite en transformant une ressource naturelle, puis transportée, distribuée et utilisée Le coefficient ne pénalise pas spécifiquement l’électricité, c’est une donnée scientifique qui met toutes les énergies sur un pied d’égalité.
Une nouvelle diminution du coefficient de conversion aura pour seul effet de sortir artificiellement des centaines de milliers de logements du statut de « passoires thermiques », portant à nouveau un coup d’arrêt non seulement à la rénovation des logements, au détriment de la transition écologique – et par conséquent, de la décarbonation- mais aussi au pouvoir d’achat des Français, soit l’effet inverse de celui recherché.
Energies & Avenir s’oppose à toute nouvelle révision à la baisse du coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans leDPE et les audits
Pour quelles raisons ne faut-il pas modifier le coefficient de conversion ?
– Depuis le 1er janvier 2026, ce sont ainsi 400 000 logements qui sortiraient artificiellement du statut de passoires thermiques (selon la fiche d’impact), faisant perdre tout sens à cette classification et au DPE.
– Ce serait un mauvais coup pour la rénovation énergétique : dans un contexte de baisse sensible des rénovations (cf. le bilan inquiétant de l’ANAH pour le 1er semestre 2026) et d’impacts significatifs sur les entreprises et les professionnels de notre pays, sortir artificiellement et en masse des logements du statut de « passoires thermiques » inciterait à ne pas rénover et, de ce fait, à continuer à ce que les passoires thermiques surconsomment de l’énergie, en toute incompatibilité avec les ambitions françaises et européennes portées par la Directive relative à l’efficacité énergétique (DEE) [1].
– Cela induirait une pression forte sur le pouvoir d’achat : le changement d’étiquette de ces logements ne les rendrait pas moins énergivores et n’améliorerait pas le budget énergie de leurs occupants, les efforts de rénovation étant moindres.
– Ce serait une incitation aux rénovations non performantes et à l’inefficacité énergétique : sans signal robuste et fiable pour améliorer la performance énergétique des logements, les éventuelles rénovations se feraient a minima. Cela serait la négation de l’efficacité réelle des équipements de chauffage. De même, faire reposer le calcul du DPE sur l’énergie finale et non plus sur l’énergie primaire, ferait perdre toute sa substance au DPE, qui doit rester simple et conforme à la réalité technique des équipements.
– Le DPE doit être stabilisé et non détourné de son objet. La fiabilisation du DPE est clé dans la confiance et l‘adhésion des professionnels et de la population vis-à-vis des dispositifs de soutien et des ambitions de rénovation énergétique.
– Il est crucial de conserver un mix de chauffage résilient et sobre en énergie : afin d’atteindre ses objectifs climatiques, la France doit mettre la performance énergétique au cœur de ses priorités. Pour cela, des garde-fous sont essentiels, comme le maintien d’un coefficient de conversion de l’électricité représentatif du mix électrique. Nous défendons un mix technologique et énergétique seul à même de permettre l’atteinte des objectifs, avec une efficacité dès le court terme.
Baisser à nouveau artificiellement le coefficient de conversion reviendrait donc à « casser le thermomètre » de la performance énergétique au profit des bâtiments inefficients et à inciter les Français à abandonner leurs projets de rénovation, à surconsommer l’énergie dans les logements, tout en accentuant au final le risque de précarité énergétique. Le Conseil Supérieur de l’Energie a d’ailleurs rejeté le projet d’arrêté proposant cette diminution le 23 juillet dernier en soulignant l’absence de justification technique, les impacts délètères sur les rénovations des logements ou encore la prime à la conservation d’équipements non performants.
[1] DIRECTIVE (UE) 2023/1791 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 13 septembre 2023 relative à l’efficacité énergétique et modifiant le règlement (UE) 2023/955 (refonte)
