Septembre 2013

« Quelle réglementation thermique pour réussir la transition énergétique ? » : Energies et Avenir fait débattre cinq experts à l’occasion d’un événement labélisé DNTE

C’est à l’occasion d’un petit-déjeuner débat, organisé le 2 juillet dernier, qu’Energies et Avenir a réuni cinq experts pour répondre à la question « Quelle réglementation thermique pour réussir la transition énergétique ? ». Hervé THELINGE, Président d’Energies et Avenir a ainsi accueilli autour de la table Emmanuelle BERTHO, ambassadrice négaWatt, Nathalie TCHANG,  Directrice du bureau d’étude Tribu Energie, François FRISQUET et Jean-Paul OUIN, respectivement Vice-président et Délégué général d’UNICLIMA, et enfin Jean-Christophe VISIER, Directeur Energie et Environnement du CSTB. 

Dans un contexte où la RT 2012 a pu être remise en cause (cf. newsletter EA de mai 2013) et alors que se dessinent les premières orientations de la RT 2020, l’association et ses invités ont ainsi apporté leur éclairage pragmatique sur cet enjeu important lors de cet évènement labélisé Débat national de la transition énergétique (DNTE) relayé en direct sur @EnergiesAvenir, le compte Twitter de l’association.

Dès son propos introductif, Hervé THELINGE a rappelé que l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des réglementations thermiques pouvaient s’appuyer sur des filières professionnelles compétentes. Un engagement qui a permis, selon Joël PEDESSAC, modérateur de l’évènement, d’anticiper les exigences réglementaires et ce depuis le début des années 1970. Poursuivant son propos par une analyse de l’évolution des parts de marché dans le logement neuf des énergies de chauffage utilisées dans la France entière (calculée en SHON), il a ainsi pu mettre en lumière un certain rééquilibrage du mix énergétique permis par la dernière réglementation thermique. En effet, si l’électricité reste majoritairement utilisée depuis 2002 (connaissant même un pic à 75% en 2008), sa part a néanmoins diminué entre 2008 et 2012. Toutefois, sa part reste  supérieure à celle du gaz, des réseaux de chaleur, du GPL et du Fioul.

Alors que le sujet de la méthode de calcul de la RT2012 est encore source de clivages, le débat a permis de rappeler que la définition des réglementations thermiques en énergie primaire demeure une nécessité pour préserver la ressource planétaire et encourager le chauffage durable. C’est ce qu’Emmanuelle BERTHO a souligné. Car les RT ne peuvent poursuivre un objectif macro-économique et environnemental, disait-elle,  que si elles prennent en compte l’ensemble des pertes énergétiques entre la source primaire utilisée et l’usage. Pour illustrer ce propos, les chiffres de négaWatt sont éloquents : les pertes sont de l’ordre de 1036TWh par an en moyenne (production, transport et distribution compris) alors que 3000 TWh de sources primaires sont utilisés pour alimenter le flux total. Dès lors, chacun pouvait conclure qu’une réglementation thermique arrêtant sa méthode de calcul à l’énergie finale occulterait un tiers de la problématique énergétique globale. 

La suite du débat a mis en avant les bénéfices des réglementations thermiques sur la facture énergétique et les pratiques des usagers. Reprenant les premiers retours d’expérience en logement BBC, Nathalie TCHANG a confirmé que la baisse des consommations, les performances énergétiques et les économies d’énergies « sont bien au rendez-vous ». La Directrice de Tribu Energie a décliné certains facteurs de réussite. Elle a ainsi affirmé que la réussite de tels projets était notamment due à la compétence des maîtres d’œuvre et des installateurs, mais aussi à « l’information suivie » des usagers et leur accompagnement par des contrats de maintenance adaptés aux technologies installées. 

Les interventions d’UNICLIMA ont levé le voile sur les matériels de chauffage qui pourront répondre aux exigences des futures réglementations thermiques. Certes, pour Jean-Paul OUIN, persévérer dans l’élaboration et l’application de telles réglementations ambitieuses permet de développer de nouveaux produits et de nouveaux systèmes. Cependant, il a également rappelé que ces innovations doivent être acceptables pour le marché et répondre à l’évolution des besoins de chaleur et d’eau chaude sanitaire. En effet, le syndicat s’attend à ce que les besoins en électricité spécifique surpassent les besoins de chaleur et que le chauffage devienne un poste secondaire dans le  bilan énergétique. Des exemples de produits attendus ont alors pu être présentés (chaudière individuelle à condensation, chaudière hybride, micro-cogénération). C’est ainsi que François FRISQUET a pu conclure que les industriels avaient pour challenge de relever à la fois les enjeux de la performance des équipements, du confort de l’utilisateur et de la préparation à la mixité des énergies, le tout avec « un packaging qui en simplifie l’installation et la maintenance ». 

Pour la dernière partie du débat, Jean-Christophe VISIER a partagé la vision prospective à l’horizon 2020 du groupe de travail du Plan Bâtiment Durable RBR2020. Dans cette vision, le confort, la santé et le développement des comportements éco-responsables de l’utilisateur sont au cœur de la conception des bâtiments. Le Directeur Energie et Environnement du CSTB a pu rappeler que le chauffage et l’eau chaude sanitaire ont déjà été très optimisés grâce aux dernières réglementations thermiques. Dès lors, des potentiels de gains intéressants seraient à rechercher, selon lui, dans l’énergie grise (nécessaire à la fabrication des bâtiments) ainsi que dans la prise en compte de tous les usages. Enfin, l’innovation industrielle sera également un enjeu central, encouragée par un « développement massif du renouvelable » auquel pourraient répondre des équipements associant énergies stockables et non-stockables ainsi que le stockage de chaleur. 

Les vidéos de l’événement sont consultables ici.

           


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Donner une vraie chance à la transition énergétique 

Le Conseil national du débat sur la transition énergétique (CNDTE) a rendu sa synthèse finale le 18 juillet 2013. Il y définit comme un enjeu prioritaire pour la transition énergétique de la France de « porter l’ensemble du parc bâti d’ici à 2050 à un haut niveau de performance thermique ». A ce titre, Energies et Avenir peut se féliciter que le CNDTE préconise que les travaux soient faits « en une fois ou en plusieurs étapes » pour parvenir à rénover 500 000 logements à terme avec un niveau de performance permettant d’atteindre le BBC rénovation. Encore faudra-t-il donner à cette transition une vraie chance !

Pour l’association, qui porte ce message depuis sa création, une telle rénovation par étape devrait permettre aux ménages qui en ont besoin d’étaler dans le temps la charge financière représentée par une rénovation globale. Effectivement, en réalisant des économies d’énergies importantes et immédiates sur leurs factures grâce aux premiers travaux - réduisant de fait leurs dépenses - de nombreux maîtres d’ouvrage pourront budgéter en confiance la suite des opérations. Cette capacité de financement complémentaire pourra se trouver renforcée à la fois par un temps de retour sur investissement rapide des premières opérations, et par un équilibre entre les économies engendrées par les actions mises en œuvre et les annuités de financement de ces opérations. Néanmoins, pour se donner une vraie chance de réussir, « il est impératif que les pouvoirs publics ne tombent pas dans le piège consistant à faire de la voie unique la solution miracle ». C’est ce message qu’Hervé THELINGE, Président d’Energies et Avenir, a réaffirmé à l’occasion d’une tribune libre. Alertant les pouvoirs publics sur les risques de la préconisation quasi-systématique de l’isolation seule ou des rénovations lourdes, il y rappelle qu’il est plus pertinent du point de vue de la performance énergétique et de la rentabilité économique de commencer les travaux en associant la modernisation de l’équipement de chauffage et l’isolation de la toiture. Il répond aussi à la sempiternelle idée reçue du « surdimensionnement en cas d’isolation de l’enveloppe dans un second temps ». En effet, ce raisonnement ne tient que très peu compte du fait que les chaudières BT et à condensation d'aujourd’hui sont modulantes et s’adaptent aux besoins du bâti. 

A très court terme, le Plan de rénovation énergétique de l’habitat (PREH) doit permettre d’enclencher la décision de rénovation des particuliers. Energies et Avenir poursuivra ses efforts auprès des pouvoirs publics pour qu’une telle dynamique naisse. Cela sera possible si les maîtres d’ouvrage ont confiance dans les travaux envisagés, tant en termes de retour sur investissement que d’économies d’énergies et de confort thermique. C’est pourquoi les pouvoirs publics devront avoir à cœur non seulement de promouvoir les bouquets les plus performants, mais également de simplifier et pérenniser les aides fiscales dans le temps et de les orienter vers les travaux ayant ce meilleur rapport Investissement/Performance.

Pour lire l'intégralité de la tribune d’Hervé THELINGE « Donner une vraie chance à la transition énergétique », veuillez cliquer ici.

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Rénovation énergétique : Energies et Avenir n’oublie pas le tertiaire !

Après avoir consacré deux études à la rénovation énergétique des maisons individuelles (2010) et des logements collectifs (2011), Energies et Avenir publiera au mois d’octobre 2013 une étude sur la rénovation énergétique des bâtiments de bureaux climatisés. 

Représentant 912 millions de m2 et à l’origine de 30% des émissions de gaz à effet de serre liées au bâtiment, le secteur tertiaire constitue un important gisement d’économies d’énergie et un chantier majeur des politiques de rénovation énergétique nationale et européenne. 
En effet, alors que les pouvoirs publics s’interrogent toujours sur le bienfondé d’une obligation de rénovation énergétique du parc résidentiel, celle-ci est déjà une réalité dans le secteur tertiaire, soulignant l’importance de déterminer et de s’accorder sur la mise en œuvre de travaux les plus efficaces et les plus rentables. 
Ainsi, cette étude s’intéresse spécifiquement à l’amélioration énergétique des bureaux climatisés qui constituent 22% du parc tertiaire total, soit environ 200 millions de m2. Elle permet d’identifier les solutions de travaux les plus performantes du point de vue économique, de la faisabilité technique et de l’excellence environnementale.

Dans le cadre de la volonté d’Energies et Avenir d’accompagner les pouvoirs publics pour réussir la transition énergétique, l’étude sur la rénovation énergétique des bâtiments de bureaux climatisés est le premier volet d’une série de Guides de l’association sur le parc tertiaire. Energies et Avenir publiera notamment en 2014 une deuxième étude dédiée aux établissements scolaires.

Retrouvez prochainement cette étude ainsi que toutes les autres études publications d’Energies et Avenir sur le site www.energies-avenir.fr dans la rubrique « Professionnels ».

Pour assister à la conférence de presse organisée le 21 octobre 2013 à l’occasion de la sortie du Guide, veuillez adresser votre demande à : contact@energies-avenir.org 


                                                         






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