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Bâtiment et Grenelle

grenelle environnement

AVRIL 2010

Chauffage : comment éviter les avis de coupure sur les pointes

Par Hervé THELINGE, Président d’Energies et Avenir

En ce printemps, le projet de loi Grenelle II finit sa course parlementaire. Le Grenelle de l’environnement oblige chaque secteur de l’économie française à revoir ses acquis et son activité en fonction des enjeux environnementaux et climatiques. Le secteur du bâtiment, dont le chauffage qui représente 60 % de la consommation d’énergie, se sent pleinement concerné.

Les avancées du Grenelle et de la prochaine réglementation thermique vont privilégier les solutions de chauffage performantes, dont l’efficacité énergétique répond aux exigences tant économiques qu’environnementales. L’enjeu est de taille : rendre nos habitations moins énergivores et les préparer aux évolutions de demain

Si l’on peut compter sur la sagesse des parlementaires, la tentation semble encore grande d’y faire introduire un dernier détail, une dernière norme, un seuil ou un coefficient nouveaux qui pourrait avantager tel ou tel système de chauffage.

A l’encontre de cette équité entre systèmes, une tribune, publiée récemment dans un grand journal économique¹, défendait le développement des radiateurs électriques. Son auteur listait de manière quasi-exhaustive tous les mauvais arguments justifiant, au-delà de toute raison, un accroissement en équipement de convecteurs, plus communément appelés chauffages électriques directs. Or, 75% des logements neufs sont déjà équipés par un chauffage électrique ! Au-delà du coût à l’utilisation pour le consommateur, ce suréquipement provoque des pointes extrêmes de consommation électrique en hiver. Nous en avons vécu ces dernières années. Elles ont mis la France à la limite du black out, et sous la dépendance d’importations ou de moyens de production ponctuelle fortement émetteurs de CO2.

Pas plus effrayé par le paradoxe, un rapport², dont l’objectif est de proposer des solutions afin de réduire les pointes de consommation électrique de plus en plus accentuées en hiver, ne voit pas non plus d’inconvénient dans la multiplication du chauffage par effet Joule : le chauffage électrique direct. Cependant, comme le rapport le juge responsable de créer des pics de consommation et de faire appel à une électricité très carbonée, le groupe de travail propose… de couper à distance les radiateurs électriques des Français par nécessité de service. Ce qui reporterait ainsi la pointe de consommation d’heure en heure. Autant renoncer à se chauffer que d’attendre les prochaines coupures électriques !

Pourtant des solutions innovantes et performantes existent, quelle que soit l’énergie utilisée. Parmi celles-ci, un chauffage électrique performant aurait évidemment sa place, notamment dans les petites surfaces. Mais pas en tant que solution hégémonique. Parmi les systèmes qui préparent les bâtiments aux enjeux d’avenir, se trouve la boucle à eau chaude. Elle distribue, dans un logement, la chaleur nécessaire issue des énergies traditionnelles, des réseaux de chaleur ou des énergies renouvelables (solaire thermique, géothermie, pompes à chaleur, etc.). Et une bonne combinaison de ces systèmes évitera l’accroissement des pointes électriques. D’autant qu’avec une telle distorsion, le mix-énergétique français est loin de l’équilibre prôné par le Chef de l’Etat.

A tous ces systèmes, s’impose le seuil annuel de 50 kWh / m2 inscrit au Grenelle. Il est ambitieux, justifié et suffisant. Les débats sur d’autres coefficients ou modulations pour privilégier telle ou telle énergie seraient stériles. En effet, toute énergie doit être économisée et son évolution surveillée. Dans cet esprit, les parlementaires demandent préalablement une étude scientifique sur le vrai contenu Carbone des énergies de chauffage et la mise en place d’une méthodologie rigoureuse de calcul. Energies et Avenir s’en félicite. Voici les prémices de l’Observatoire du CO2 que nous proposons depuis plusieurs années. Cette objectivité sur le contenu carbone des énergies de chauffage permettra l’acceptation et l’adhésion des Français, particuliers et professionnels, au Grenelle.

N’oublions pas que le vrai enjeu, comme le Grenelle le souhaite, est d’installer dans nos bâtiments des systèmes, notamment de chauffage, qui pourront évoluer et répondre aux exigences de demain. Et non d’équiper en masse, pour mieux couper…

1. Les Echos du 30 mars 2010
2. Rapport du Groupe de Travail sur la maîtrise de la pointe électrique – Avril 2010

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