La réalisation des objectifs du Grenelle de l'environnement passe par la promotion des systèmes de chauffage les plus performants.
Les réflexions actuelles tendent à privilégier une approche en fonction des énergies en oubliant un facteur essentiel de la production de chaleur : le système de chauffage. Celui-ci sera pourtant soit un frein, soit un facilitateur pour relever le défi énergétique.
Le consensus est désormais largement partagé sur le défi écologique et énergétique que constitue le réchauffement climatique. La consommation énergétique moyenne par bâtiment (neuf et existant) est aujourd’hui de 240 kWhEP / an / m² en France. Des travaux du Grenelle ressort une volonté de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, de réduire la consommation énergétique des bâtiments neufs à 50 kWhEP / an / m² à l’horizon 2010-2012 (Bâtiment Basse Consommation). A terme, il s’agit de construire exclusivement, à partir de 2020, des bâtiments produisant autant ou davantage d’énergie qu’ils en consomment (Bâtiments à Energie Positive). Pour les bâtiments anciens, l’objectif est de réduire la consommation énergétique moyenne à 150 kWhEP / an / m² en 2020.
Dans le secteur résidentiel/tertiaire, les gisements d’économies d’énergie restent très importants, notamment en ce qui concerne le chauffage, qui représente 42% de la consommation d’énergie du secteur. Dans ce cadre, la France doit réfléchir à cette dépense énergétique. La consommation d’énergie liée au chauffage, y compris l’eau chaude sanitaire, représente, avec 35% de la consommation finale d’énergie, le premier poste énergétique de la France1. Il est donc essentiel de traiter des consommations induites par les systèmes de chauffage et d’eau chaude sanitaire en tant que tels et non uniquement à partir des sources d’énergies qui les produisent. Enfin, reconnaître l’importance de cet enjeu conduit naturellement à s’interroger sur le choix et les qualités propres à chaque système de chauffage.
A l’issue du Conseil européen des 8 et 9 mars 2007, l’Union Européenne a, par ailleurs, approuvé "une proportion contraignante de 20% d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l'UE d'ici 2020" et la France a fait sien cet objectif dans le cadre des travaux du Grenelle. Il est important de considérer la compatibilité des différents systèmes de chauffage existants et futurs avec les ENR. Ce paramètre est notamment à prendre en compte pour élaborer les politiques de réglementation et d’incitation à venir.
1 Rapport d'information "Energies renouvelables et développement local", Claude BELOT et Jean-Marc JUILHARD, juillet 2006.